Séance plénière du Comité de Groupe France – Juin 2025

Publié le 13 juin 2025

Séances Plénières

Réunis le 12 juin 2025, les élus du Comité de Groupe France VINCI ont examiné les résultats économiques, les orientations stratégiques et les transformations à l’œuvre dans le Groupe. Si la solidité financière de VINCI est confirmée, la CFDT a tenu à interpeller la Direction sur les conséquences concrètes pour les salariés, notamment en matière d’intelligence artificielle, d’emploi, de conditions de travail, de pénibilité et de transition des métiers.

Une performance économique robuste, portée par l’international

Le Groupe VINCI affiche pour 2024 des résultats solides, avec un chiffre d’affaires de 71,6 milliards d’euros et un résultat net en progression. Le carnet de commandes atteint un niveau historique, offrant une visibilité importante pour les années à venir.

Cette croissance repose largement sur les concessions et les services à l’énergie, tandis que la construction se stabilise et que l’immobilier reste sous forte pression. La part de l’international continue d’augmenter, tant dans l’activité que dans les effectifs, confirmant une évolution structurelle du Groupe.

La position de la CFDT :
Si la CFDT prend acte de cette solidité économique, elle rappelle que la performance doit rester globale, intégrant pleinement ses dimensions sociales et humaines, notamment dans un contexte de ralentissement des embauches et de réorganisations ciblées.

Intelligence artificielle : des opportunités, mais des questions majeures pour les salariés

La Direction a présenté les dispositifs d’intelligence artificielle déployés dans le Groupe, principalement orientés vers l’optimisation technique, la conception et la performance opérationnelle. VINCI insiste sur une IA « outil d’aide », toujours placée sous contrôle humain.

La CFDT a interpellé la Direction sur plusieurs points essentiels dont l’empreinte environnementale de l’IA, encore insuffisamment intégrée dans le bilan carbone du Groupe, mais également sur notre souveraineté numérique, avec des interrogations sur la dépendance aux outils extra-européens et les critères de choix technologiques que nous introduisons.

La position de la CFDT :
La CFDT rappelle que l’introduction de l’IA ne peut se faire sans anticipation, transparence et dialogue social, et qu’elle doit prioritairement contribuer à améliorer les conditions de travail, sans fragiliser l’emploi ni les compétences.

Emploi, recrutement et attractivité : des signaux à surveiller

Les données sociales 2024 montrent un ralentissement des embauches, une hausse des ruptures conventionnelles et une part importante de démissions chez les moins de 30 ans. La CFDT a interrogé la Direction sur les causes de cette désaffection et sur la capacité du Groupe à fidéliser les jeunes générations.

Par ailleurs, la Direction a confirmé sa volonté d’élargir le vivier de recrutement à de nouveaux profils, notamment des doctorants et chercheurs.

La position de la CFDT :
La CFDT salue l’ouverture à de nouveaux profils, mais pointe sur :

  • La nécessité de penser l’intégration concrète de ces profils dans les métiers existants.
  • La compatibilité entre temps long de la recherche et exigences opérationnelles immédiates.

Conditions de travail, pénibilité et maintien dans l’emploi

La question du travail jusqu’à 64 ans a été largement débattue. La Direction met en avant les actions de prévention, de formation et d’adaptation des postes, ainsi que des dispositifs comme Trajeo’h.

La position de la CFDT :
La CFDT a rappelé que Trajeo’h est financé par les entités et certaines ne peuvent pas y adhérer, ce qui limite son déploiement global. Il estime en outre que Trajeo’h intervient trop en aval, lorsque les salariés sont déjà en grande difficulté. Il faudrait agir dès les premiers arrêts de travail prolongés, afin de prendre rapidement contact avec le salarié pour identifier ses pathologies.

Sécurité et sous-traitance : un enjeu toujours critique

En 2024, 19 accidents mortels du travail sont à déplorer dans le Groupe, touchant majoritairement des salariés de la sous-traitance. Si la baisse est notable par rapport à 2023, la CFDT souligne que ces chiffres restent préoccupants. Ces chiffres confirment la forte exposition des sous-traitants, une tendance qui n’est pas nouvelle et qui reste une inquiétude majeure pour la Direction. En complément des plans d’action globaux sur la prévention, un travail a donc été engagé au sujet de la sous-traitance, avec à la clé l’intégration des indicateurs de sécurité comme critères de préqualification.

La position de la CFDT :
La CFDT demande un renforcement des exigences envers les sous-traitants, y compris de rang 2 et 3, et une transparence accrue sur leurs indicateurs de sécurité.

Canicules, congés et droits sociaux : besoin de clarté et d’harmonisation

La CFDT a également interrogé la Direction sur :

  • L’application des nouvelles règles de congés intempéries en cas de canicule.
  • L’absence d’harmonisation de certains dispositifs sociaux au sein du Groupe (PERCO, congés, RTT).

La position de la CFDT :
La CFDT demande des consignes claires, anticipées et partagées, afin de garantir la santé des salariés et l’égalité de traitement entre les entités.

Pour la CFDT : une transformation à accompagner, pas à subir

Dans un Groupe en forte mutation technologique, économique et organisationnelle, la CFDT réaffirme sa ligne :

  • Anticiper plutôt que réparer
  • Mettre l’humain au cœur des transformations
  • Faire vivre un dialogue social exigeant, loyal et constructif

La CFDT continuera à porter la voix des salariés, à interpeller la Direction et à défendre une performance réellement durable, au service de toutes et tous.

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