Séance plénière du Comité de Groupe France – Décembre 2025
Publié le 3 février 2026
Séances Plénières
Réunis le 11 décembre 2025, les élus du Comité de Groupe France VINCI ont examiné le bilan économique au 30 septembre, les perspectives 2026, la stratégie environnementale du Groupe ainsi que les données sociales consolidées.
Dans un contexte économique et géopolitique incertain, la Direction a mis en avant la solidité et la résilience du Groupe. La CFDT, tout en prenant acte de ces éléments, a tenu à interpeller la Direction sur les conséquences concrètes pour les salariés, notamment en matière de développement des activités, d’emploi, de conditions de travail, de santé-sécurité et de parcours professionnels.
Un Groupe solide face aux incertitudes, mais des équilibres sociaux à préserver
La Direction a souligné la bonne résistance de VINCI, portée par la diversification de ses métiers et son fort ancrage international. Les effectifs mondiaux progressent (+3 % sur un an), notamment dans les concessions, les énergies et certaines activités internationales. En France, la croissance est plus modérée (+1,6 %), avec des évolutions contrastées selon les pôles.
La construction reste globalement stable, mais certaines divisions sont en repli, tandis que les concessions et les énergies continuent de se développer. Cette dynamique confirme une évolution structurelle du Groupe, de plus en plus orientée vers les services et l’international.
La position de la CFDT :
La CFDT rappelle que cette solidité économique doit s’accompagner d’une vigilance accrue sur les équilibres sociaux, notamment dans les entités confrontées à des baisses d’activité ou à des réorganisations, afin d’éviter des ajustements subis par les salariés.
Image de marque : un projet à construire avec les salariés
La Direction est revenu sur le projet visant à améliorer la perception et l’image du Groupe, baptisé « Reveal », avec l’objectif de rendre le discours de VINCI plus lisible, plus cohérent et plus compréhensible pour l’ensemble des parties prenantes.
Les contours précis de ce projet restent à définir, tant sur le fond que sur la méthode.
La position de la CFDT :
Pour la CFDT, l’image du Groupe repose avant tout sur la réalité vécue par les salariés. Elle demande que les représentants du personnel et les salariés soient pleinement associés à cette démarche, afin d’éviter une communication déconnectée du terrain.
Développement des activités : des choix stratégiques à éclairer
La CFDT a interrogé la Direction sur plusieurs dossiers structurants :
- les projets EPR2 et le recours possible aux partenariats public-privé (PPP) en France,
- l’état des réponses aux appels d’offres et les équipes mobilisées,
- la résiliation du contrat autoroutier au Kenya, désormais attribué à des groupes chinois, et ses conséquences pour VINCI Concessions / Highways.
Ces éléments interrogent la stratégie internationale du Groupe et la sécurisation de ses positions sur les grands projets d’infrastructures.
La position de la CFDT :
La CFDT demande une meilleure visibilité sur les orientations industrielles, ainsi qu’une anticipation des impacts sociaux pour les salariés concernés par ces choix stratégiques.
Emploi, effectifs et intérim : des signaux à analyser finement
Les données sociales présentées montrent :
- un ralentissement des embauches au premier semestre 2025,
- une baisse marquée du recours à l’intérim (-7,6 %),
- une hausse des départs en retraite et des licenciements économiques dans certaines activités.
Si le CDI reste la norme dans le Groupe, ces évolutions traduisent un contexte de marché moins dynamique et des ajustements ciblés selon les pôles.
La position de la CFDT :
La CFDT souligne que la baisse de l’intérim ne doit pas masquer les besoins réels en compétences et appelle à une politique d’anticipation des emplois et des parcours, plutôt qu’à des ajustements à court terme.
Conditions de travail, protection sociale et maintien dans l’emploi
Les élus ont alerté la Direction sur les disparités persistantes en matière de prévoyance et de mutuelle, notamment entre catégories de salariés et entre entités.
Si la Direction rappelle l’existence d’un socle commun, les écarts de niveau de garanties et les hausses de cotisations restent une préoccupation forte pour les salariés.
Le dispositif Trajeo’h, destiné à accompagner les salariés rencontrant des difficultés de santé ou d’aptitude, a également été largement discuté.
La position de la CFDT :
La CFDT rappelle que l’accès à Trajeo’h n’est pas homogène dans toutes les entités et le dispositif est souvent déclenché trop tard, lorsque la situation est déjà très dégradée.
Nous demandons un déclenchement plus précoce, dès les premiers arrêts de travail prolongés, afin de prévenir l’inaptitude et favoriser le maintien dans l’emploi.
Santé-sécurité : une priorité qui doit produire des résultats
En 2025, 16 accidents mortels du travail sont à déplorer dans le Groupe, auxquels s’ajoutent 5 accidents mortels de trajet. Une part importante de ces accidents concerne des activités à risques, des chantiers de voirie et des salariés de la sous-traitance.
La Direction a réaffirmé que la santé-sécurité constitue une priorité absolue et a présenté plusieurs actions, notamment dans le cadre de la prochaine Safety Week.
La position de la CFDT :
Pour la CFDT, ces chiffres restent préoccupants. Nous demandons :
- un renforcement des exigences envers les sous-traitants,
- une vigilance accrue sur la formation et l’accueil des intérimaires,
- une meilleure prise en compte des réalités de terrain, notamment des enjeux organisationnels.
Environnement : des avancées, mais des objectifs encore fragiles
La Direction a présenté le bilan environnemental du Groupe. Les émissions directes de gaz à effet de serre ont diminué de 21 % par rapport à 2018, mais les progrès sur le scope 3, qui représente l’essentiel des émissions, restent insuffisants et rendent l’atteinte des objectifs incertaine.
Les élus ont également pointé un essoufflement de la mobilisation des équipes sur les enjeux environnementaux.
La position de la CFDT :
La CFDT estime nécessaire de remobiliser les salariés autour des enjeux climatiques, en renforçant les formations et les dispositifs de sensibilisation, afin que la transition environnementale ne reste pas uniquement déclarative.