Pouvoir d’achat : où en est-on des réponses apportées dans les entreprises du groupe ?

Publié le 15 juillet 2026

Société

Lors du dernier Comité de Groupe VINCI, l’ensemble des organisations syndicales a interpellé Pierre Anjolras, Directeur Général de VINCI, sur l’urgence de prendre des mesures concrètes pour répondre à la nouvelle hausse du coût de la vie. Cette démarche intersyndicale faisait suite à un constat partagé : malgré un ralentissement de l’inflation par rapport aux années précédentes, les dépenses contraintes des salariés continuent de progresser. Énergie, carburant, alimentation, logement… le reste à vivre de nombreux salariés continue de diminuer alors même que le Groupe affiche des résultats solides.
Notre demande était simple : apporter rapidement des réponses concrètes au pouvoir d’achat des salariés, en complément des négociations annuelles.

Des réponses… mais très inégales selon les entreprises

Depuis cette déclaration, plusieurs entreprises du groupe ont pris des mesures. D’autres n’ont, à ce jour, engagé aucune démarche. Sans prétendre à l’exhaustivité, les remontées dont dispose aujourd’hui la CFDT permettent déjà de dégager plusieurs tendances.


VINCI Energies
Au sein de VINCI Energies, de nombreuses entreprises ont pris la mesure des difficultés rencontrées par leurs salariés. Lorsqu’elles en avaient les moyens, beaucoup ont engagé des discussions ayant abouti à des dispositifs concrets : Prime de Partage de la Valeur (PPV), primes carburant ou autres mesures de soutien au pouvoir d’achat ont ainsi été proposées, à ce jour, dans 4 divisions du pôle : ICT infra (Réseaux), NAFI (Industrie), VEIS (international and système) et Building Solutions (Tertiaire).

VINCI Construction
La situation apparaît beaucoup plus contrastée chez VINCI Construction. Certaines entreprises ont fait le choix du dialogue en ouvrant des négociations afin de rechercher des solutions adaptées. Les exemples de la Délégation Sud de VINCI Construction (GTM…) en témoignent, avec notamment la mise en place d’une prime carburant. D’autres, en revanche, comme Eurovia, demeurent sur une position de blocage, en appliquant une consigne nationale de ne pas engager la moindre négociation sur le sujet, quel que soit le dispositif susceptible d’être proposé.

VINCI Concessions
Le constat est tout autre au sein de VINCI Concessions. À ce jour, les principales sociétés concessionnaires d’autoroutes (ASF, Cofiroute, Escota) n’ont engagé aucune ouverture en faveur du pouvoir d’achat, malgré des résultats financiers toujours aussi solides. Cette position, essentiellement fondée sur une lecture très restrictive des négociations salariales annuelles, apparaît difficilement compréhensible au regard de la situation économique de ces sociétés et des attentes exprimées par les salariés.

Des réalités économiques différentes… mais un engagement attendu

La CFDT est pleinement consciente que toutes les entreprises ne disposent pas des mêmes marges de manœuvre. Les réalités économiques peuvent expliquer que certaines ne soient pas en capacité de mettre en place des mesures exceptionnelles. En revanche, lorsque les résultats sont au rendez- vous et que des dispositifs existent déjà ailleurs dans le Groupe, il est légitime de s’interroger sur l’absence de toute initiative en faveur du pouvoir d’achat. Les exemples recensés montrent qu’il est possible d’agir lorsque la volonté existe. Notre objectif n’est pas d’établir un classement, mais de mettre en lumière les démarches engagées afin de favoriser le partage des bonnes pratiques et d’encourager les entreprises qui en ont les moyens à prendre, elles aussi, leurs responsabilités.

La constance, une valeur syndicale

La demande de revalorisation salariale portée devant la Direction générale de VINCI avait été construite collectivement. Pourtant, certaines organisations syndicales ont depuis préféré prendre leurs distances avec cette démarche.

La CFDT a fait un autre choix : celui de la cohérence. Lorsque nous prenons un engagement devant les salariés, nous le défendons jusqu’au bout. Notre crédibilité ne repose pas sur des prises de position de circonstance, mais sur notre capacité à défendre durablement les intérêts des salariés.

La cohérence est, à nos yeux, la première condition de la crédibilité syndicale.